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S’il y a un volet du sport actuel qui est passé sous silence, c’est bien le handisport. Et pourtant, tous les pratiquants de handisport sont des passionnés, au même titre que les « valides ». Intéressons-nous donc par exemple aux Jeux Paralympiques.
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Quelques chiffres
L’Organisation Mondiale de la Santé annonce un pourcentage de personnes porteuses de handicap variant entre
13 et 18% en fonction des pays. On arrive donc à environ 440 millions de personnes… Soit quasiment la
population de l’Union Européenne à 27 (487 millions) !!!
On sait que le budget global des Jeux Paralympiques d’Athènes était de 106
millions d’euros contre 570 pour les valides, la différence est donc frappante en comparaison du public que
l’on peut atteindre. D’autant plus que, comme le souligne Sergio Furman, directeur marketing du Comité International Olympique, les sportifs handicapés sont « des gens très loyaux
envers les produits et les marques qui tiennent compte de leurs besoins ».
Cependant, Athènes a marqué un changement : 5 des 11 entreprises ayant participé au programme « Top Sponsors » des Jeux Olympiques se sont également associées aux Jeux Paralympiques (Swatch, Coca-Cola, Visa, Kodak et Atos Origin). Visa avait même à l’époque signé un contrat afin d’être le sponsors officiels des trois « Paralympiades » à venir (Athènes, Pékin et Londres). 50 diffuseurs étaient également présents à Athènes, un record pour le handisport.
La Fédération Française Handisport est quant à elle soutenue notamment par EDF, SFR Cegetel et la Société Générale.
Une évolution se fait donc, mais les sponsors semblent encore timides. Par exemple, Assia El Hannouni, quadruple championne paralympique à Athènes dit elle-même qu’elle a du mal à trouver des sponsors (Assia fait actuellement partie de l’Athléteam handisport soutenu par Chronopost), imaginez donc la difficulté pour un athlète handisport moins connu !!
Pourquoi tant de frilosité de la part des sponsors ?
Communication difficile
Pour ne pas dire très complexe…En effet, une action « classique » de sponsoring est généralement
faite pour améliorer l’image et la notoriété d’une marque. Le but est donc purement commercial et la communication (médias et hors médias) est largement utilisée. Mais la situation est
totalement différente en handisport. En effet, une action de sponsoring handisport est le plus souvent choisie par les entreprises afin de se donner une image sociale, solidaire. Par
conséquent, elle est le plus souvent présentée comme désintéressée. Mais pour qu’elle paraisse désintéressée,
il ne faut pas que l’entreprise en question communique trop visiblement au sujet de cette action. Le succès d’une telle action est plutôt sur du moyen / long terme et il faut parier sur un bouche à oreille positif, lui seul assurera l’efficacité de l’action de sponsoring. Avec un bouche à oreille positif, l’action sera
peut-être même plus positive qu’une action dite classique.
Le problème vient du fait que beaucoup de sponsors ne sont pas prêt à faire ce pari d’investir des sommes importantes dans le
handisport, de communiquer peu et d’espérer un bouche à oreille positif.
Des chiffres à relativiser ?
Revenons aux montants du sponsoring et étudions les chiffres pour les Jeux d’Athènes. 106 millions pour les
paralympiques contre 570 millions pour les olympiques. L’écart est énorme. Regardons maintenant les populations valides et handicapées : 440 millions de personnes handicapées (selon
l’OMS) et 5,56 milliards de valides (6 milliards – 440 millions). Si l’on étudie le rapport « montant de sponsoring sur population totale », le rapport est largement favorables au…
Handisport !! En effet, si je ne me trompes pas, pour être dans les mêmes proportions que les valides, « il faudrait » que le
montant du sponsoring handisport soit d’environ 45 millions d’euros !
Mais loin de moi l’idée de dire que le handisport est mieux loti que le sport valide. En effet, il serait faux et totalement
réducteur de croire que la population intéressée par le handisport limitée aux seules personnes handicapées ! Pour avoir assisté à un certain nombre de compétitions handisport, je peux
affirmer que l’engagement physique est total, à l’image de ce qui se passe chez les valides. S’il est vrai qu’en règle général le handisport est moins spectaculaire que le sport valide (les
dunks, alley-hoops sont forcément absents du handi‑basket par exemple), l’intensité est la même et chaque pratiquant de handisport est un sportif à part entière. La détermination de ces
athlètes est sans faille.
Un déficit médiatique
Je pense cependant que le déficit du handisport en comparaison des valides, est avant tout médiatique. Là encore un palier a été franchi, les grandes chaînes, notamment le service public, s’intéressent de plus en plus au handisport. Mais cela reste tout
de même très ponctuel, à l’occasion d’un événement particulier ou de l’obtention d’une médaille par un français dans une compétition internationale. Le temps d’antenne reste très défavorable
au handisport.
En conclusion, le problème pour le handisport est d’attirer des sponsors qui sont réticents à l’idée de ne pas pouvoir
communiquer comme ils le voudraient sur une action de sponsoring qui reste coûteuse. Si les choses semblent évoluer, un long chemin reste à faire,
notamment au niveau de l’exposition médiatique bien trop faible du handisport.
Sources : www.sportstrategies.com; http://www.handisport.org/index.php
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